Design : au-delà du beau

En design, les choses les plus simples sont souvent les plus réussis. Comme ce service à café créé par l'architecte et designer Patrick Knoch. De la porcelaine blanche, des finitions dorées et voilà : parfait dosage de rigueur, de classicisme et de fantaisie loufoque. Qui dit mieux ?

La simplicité peut aussi se cacher dans l'objet lui-même. Genre une brosse à dents. Caliquo les imagine en chêne ou en noyer et leur offre de jolies housses en tissu.

 Mettre 55 euros dans une brosse à dents, ça semble un peu dingo. Ca l'est, oui, mais pas totalement : c'est aussi redonner de la valeur à un objet, arrêter la course au jetable. Un jour, j'ai découvert qu'une de mes amies n'avait que du beau chez elle. Et je pense que, si cela correspondait à son besoin d'esthétisme, cela influençait aussi sa façon d'être. On nous parle beaucoup de bonnes ondes, de pleine conscience, d'environnement alors qu'on vit tout de même entouré de jetable! Du pantalon à la brosse à dents. Du coup, il y a quelques années, je me suis attelée à n'acheter que des objets que je trouvais beaux ou que j'avais envie de garder pour la vie. Et à remplacer, au fil de leur disparition, tous les objets que je trouvais moches. Y compris la passoire, le crochet à torchon ou le porte-savon. Mon mari ne comprenait pas trop que j'attende 6 mois avant d'acheter une bassine mais ça m'a fait beaucoup de bien. C'est parfois beaucoup plus long pour trouver l'objet en question, mais il a bien plus de valeur. On l'a cherché, payé (en temps, bien souvent, plus encore qu'en argent) et on sait qu'il va nous accompagner 50 ans. Et peut-être un jour accompagner nos enfants et nos petits-enfants. J'ai récupéré des assiettes en faïence fin XIXe et on mange tous les jours dedans, elles ne sont pas sacralisées. En revanche, j'explique aux Lutins qu'il faut y faire attention : elles ont traversé un siècle et demi, trois guerres et cinq générations, c'est pas pour finir ébréchées parce qu'on les jette sur un coin de table.

Comme le design, le beau n'est donc pas juste décoratif. Je crois que c'est une façon de nous faire penser autrement. Et le beau peut être partout, y compris dans les choses les plus banales : le fils d'une amie, jeune designer, a travaillé sur une brosse de WC, ergonomique et fabriqué en matériau à base de coquilles d'huîtres. Rien ne se perd, rien ne se créé : tout se récupère, disait (presque) déjà Lavoisier et bien avant lui, le philosophe grec Anaxagore. Et le beau change tout.
 
Spéciale dédicace à mon amie Marie D., amoureuse du beau (et du bien)

Caliquo, fabricants brosses à dents et rasoirs
Extranorm, éditeur d'objets
Biom Paris, créateur de la bbb brosse et spécialiste de l'éco-industrie

stelda

2 commentaires:

  1. Je suis totalement d'accord avec toi. Pourtant je suis parfois faible devant les injonctions à la consommation. Progressivement je remplace ma déco de prêt à l'emploi par des choses qui me plaisent plus. Mais c'est long. Surtout avec un petit budget. Et quand on n'y connaît rien en design! ��

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    1. On ne va pas non plus se flageller chaque fois qu'on achète un truc jetable :D. Mais si le jetable est plus "facile", le durable apporte d'autres satisfactions :). mais oui, c'est beaucoup plus long. Les vide-greniers et Emmaüs sont une mine pour ne pas se ruiner.

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