Ce qu'il reste de Christophe Decarnin



C'était il y a sept ans, quatorze saisons, bref, une vie, dans le prêt-à-porter. On ne regarde pas assez les anciens défilés. La mode défile si vite qu'on ne pense jamais à regarder en arrière et pourtant... pourtant, c'est important. On comprend mieux le talent d'un styliste. En mode comme en poésie ou en peinture, le temps est un sélectionneur impitoyable. Et Decarnin, disparu de la scène depuis six ans, mérite d'être regardé.


Sept ans plus tard, cette collection de Christophe Decarnin pour Balmain m'émeut terriblement. Certes, c'est court, moulant, pailleté, "des robes presque trop courtes pour être appelées robes", écrit Cathy Horyn. C'est terriblement "cool" selon les diktats parisiens, très Emmanuelle Alt, Jeanne Damas, sexy et rock'n'roll mais il reste une pointe de réserve. Il y a de la grâce dans les grandes lavallières, une pointe de rétro dans le bouffant de certaines manches, dans les bustiers travaillés. Ce n'est pas violent. 

On mesure surtout ce que lui ont emprunté Slimane et bien sûr Roustaing qui ne fait que suivre la route tracée par son maître mais sans son adresse.

Je pense très souvent à Christophe Decarnin. Je ne sais pas où il est, ni ce qu'il fait. J'espère qu'il est heureux, qu'il ne regrette pas. Si vous aimez la mode, ne l'oubliez pas, s'il vous plaît. 


Dédicace à Christophe (vous permettez que je vous appelle Christophe?)

stelda

2 commentaires:

  1. C'est très glitter et trop court (pour nous...) mais nous y voyons une ligne et un style qui manquent à trop de collections.
    Il doit être très content de lire votre billet !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'était extrêmement shocking mais il a ouvert une nouvelle voie. dommage que ceux qui l'ont suivi aient eu moins de finesse ;)
      Je ne sais pas s'il lira ce billet mais s'il le fait, qu'il sache que j'adorerais prendre un café avec un lui!

      Supprimer

Des difficultés pour laisser un commentaire ? Passez sous Safari ou Firefox