Chatelles ou l'art du monoproduit


Chatelles est un cas d'école, une vraie-fausse marque ringarde. Le nom semble émerger tout droit des années 50, le logo est assorti. Quant aux produits... ce ne sont rien moins que des pantoufles de mémé. Mais on peut dire qu'elles ont sacrément réussi. 


En réalité, cette "maison de souliers" est née... en 2012. Son papa était banquier d'affaires et s'appelle François du Chastel. Et en choisissant un nom pas branchouille et un logo qui l'est encore moins, il peut espérer défier le temps. Ce qui n'est pas donné à toutes les nouvelles marques. L'objectif de François de Chastel est très clair : "Devenir une référence sur le marché des clippers, au même titre que Repetto est devenu incontournable pour les ballerines ou Tod's pour les mocassins.

Et le monoproduit, c'est ce qu'il y a de plus malin, en mode comme en cuisine. On se facilite la fabrication, on touche rapido une clientèle et, pour peu que la qualité soit bien là, on se fait vite une réputation. Même si les slippers sont loin d'être des chaussures les plus sexy du monde, elles restent une alternative bien confortable, alternative recherchée par des milliers de femmes qui se sont ruées sur les ballerines de l'ami Repetto puis sur les Stan Smith, New Balance et autres Converses le jour où l'oracle mode leur a dit qu'elles pouvaient en porter sans passer pour des clochardes. Chatelles part donc du principe qu'un bon produit trouve des clientes et qu'ensuite, il suffit de les fidéliser. En choisissant une forme immuable qu'on peut recommander, une fois éprouvée, à satiété les yeux fermés, mais en proposant chaque saison de nouvelles couleurs ou motifs à tomber et le détail qui tue (les semelles sont gravées à l'intérieur d'un vers de Victor Hugo "Je ne puis rester loin de toi plus longtemps"), c'est le carton plein. Même moi, loin d'être une grande fan des clippers, je craque complètement devant les modèles. Entre la toile kilim, le velours bordeaux, le cuir vert d'eau, les paillettes bleu nuit, les pompons fluo ou rouge verni, je perds la boule. Si jamais je finis par craquer (rien n'est moins sûr, je suis tellement raisonnable en ce moment que je m'effraye moi-même), je vous dirais ce qu'il en est des finitions. Mais sur le papier l'écran, elles semblent impeccables : la semelle intérieure est rembourrée au niveau du talon et de la voûte plantaire, toutes sont doublées cuir, les couleurs frisent la perfection.

Certains éléments sont plus douteux et sentent fort le marketing qui va bien : la précision "fabriqué en Europe à la main", ahem, même en Ethiopie, une chaussure est fabriquée à la main. Tout ce qui est vêtement ou accessoire est encore et toujours fabriqué à la main. C'est bien pour ça que c'est délocalisé, d'ailleurs... La mention "100 % cuir issu de sources renouvelables" m'a aussi bien fait rire. Excepté le cuir de crocodile ou le python et quelques autres bestioles exotiques, le cuir utilisé en maroquinerie et botterie n'est que du déchet. Du déchet de boucherie. Il est récupéré dans les abattoirs, sur les animaux tué pour leur viande : mouton, chèvres, veaux... Une source forcément renouvelable donc.

Evidemment, comme tout produit qui cartonne, ces jolis slippers ont connu une légère inflation. D'abord vendues 150 euros, il faut aujourd'hui compter 180 euros pour une paire simple, 200 euros pour un série limitée ou une paire personnalisée.

La boutique en ligne : My Chatelles


Sources photos : Chatelles

stelda

8 commentaires:

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    1. C'est encore un produit "confidentiel"

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  2. J'aime bien. Je ne connaissais pas, mais j'aime bien. Je vais m'empresder d'oublier en revanche, car je suis loin d'avoir besoin de chaussures...
    Bises,
    Maeve

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    1. Mais voyons, on a jamais trop de chaussures!! Bon, j'avoue que le prix refroidit. Sans ça, j'en aurai déjà commandé deux paires, je crois. Bisous

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  3. C'est bien de regarder un peu derrière les coulisses, donc pas d'excuse lors du craquage que l'on proche ! Mais quelle réussite

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  4. Jolis produits. Et la toute bonne nouvelle, c’est qu’ils ont des grandes tailles: des chaussures-mode en 42 et 43, c’est plutôt rare en France. Bravo

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    1. Merci de le souligner Marie : je n'avais pas remarqué, car je fais du 38. Egoïste que je suis :( Un bon point de plus pour Chatelles!

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