Dior : (r)évolution en douceur



Maria Grazia Chiuri, première femme chez Dior, a rendu sa copie. Les critiques sont prudentes : j'ai trouvé plus d'articles détaillant les tenues des stars invités et les chignons des mannequins que de compte-rendu tenue par tenue et ça, c'est rarement bon signe, ou plus exactement, c'est le signe que les critiques préfèrent broder autour de la collection, un peu comme lorsque votre voisine vous marmonne "J'aime bien ton sac" quand vous lui demandez votre avis sur votre tenue (dont une nouvelle robe et de nouvelles chaussures). Peut-être aussi les journalistes se réservent-elles pour la couture, où Maria sera vraiment jugée.

Personnellement, j'ai aimé. Ce défilé m'a fait du bien. Il était simple et sincère. Utiliser les tenues d'escrime était une idée géniale. Leur style intemporel colle bien à une vénérable maison de luxe, c'est un sport sur lequel les Français règnent depuis des décennies, elles sont mixtes mais demandent un savoir-faire plus élaboré que la fabrication d'un jogging... bref, c'était une façon très intelligente d'apporter une touche sport élégante et originale à une collection de prêt-à-porter. Les abeilles et les coeurs brodés sur les plastrons offrent une touche raffinée et plus fraîche. Maria Grazia Chiuri saisit aussi l'occasion de secouer un peu le perfecto et de remettre le corsaire (génial!! I loooooove le corsaire!) et le caraco au goût du jour. L'ensemble reste malgré tout un chouia trop premier degré, mais c'était déjà son défaut chez Valentino.

Je suis moins fan des robes en tulle, même si je les trouve réussies et très Dior époque Galliano.  En jouant avec les effets tatoués/brodés et les silhouettes en cuir surpiqué, Maria met une touche de sexy sage, sans aucune vulgarité. On est loin de Saint Laurent... comme des collections sur-intellectualisées de Raf Simons. 

Surtout, les modèles sont coupés pour des femmes. On peut y caser ses seins et ses hanches. Et avec le recul, je me dis que c'est finalement la vraie (r)évolition chez Dior. Dont la maison (et la couture française en général) avait bien besoin. 


Côté chaussures, ballerines et bottes lacées sont discrètes et très, très Diorisantes malgré tout. Je me suis juste demandé ce que ces immondes casquettes en plastique lunaires venaient faire au milieu des robes en voile. Et bien sûr, les mannequins sont toujours aussi hâves et blafardes, certaines semblent à peine tenir debout. Pourtant, cette fois, elles ne portaient pas de talons. 


Pour fêter la nouvelle femme Dior, légère et accessible (à condition de péter son PEL), je vous laisse monter le son à fond! Enjoy the Music! 


Pour voir le défilé, c'est sur la page officielle de Dior.

stelda

4 commentaires:

  1. Mais comment apprécier une collection avec de mannequins aussi maigres et tristes ? Il faut vraiment insister pour voir et apprécier quelques idées, comme le corsaire (nous sommes d'accord avec vous...) qui est sympa, parce que gai et mettable. A suivre...

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    1. Espérons que la nouvelle DA change les choses l'an prochain. Parce que, en effet, elle a beau parler de féminisme, sur ce coup-là, c'est un beau déni d'humanité.

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  2. Réponses
    1. Aaah, suis heureuse que tu aimes aussi, Camille.

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