L'art de tout décortiquer


Je crois que le but de ma vie de blogueuse est d'arriver, un jour, à la cheville d'Odieux Connard.   Enfin, de sa plume. Chacun des ses billets me tue. Bon, pas tous, certains m'ont saoulée parce qu'il parlait de films qui ne sont pas du tout ma tasse de thé. Mais quand il s'attaque aux sujets de société ou d'actu, son analyse me fait l'effet d'une retraite bouddhiste. Le sarcasme, quand il s'accompagne d'auto-dérision, est un trait de caractère sous-estimé dans notre société (une étude vient d'ailleurs de prouver qu'il augmentait la productivité).

Donc hier, Odieux Connard s'est attaqué au selfie ou plutôt, à l'intérêt sociologique du selfie. Parce qu'en France, on adore les idées, on en a des hectolitres et on les débite à flux continu (à défaut de pétrole). Donc des enseignants-chercheurs analysent le selfie en tant qu'objet sociologique. Et leurs arguments laissent notre ami sans voix (mais pas sans plume).

Selfie or not selfie ? L'article est par ici.

stelda

16 commentaires:

  1. merci pour la découverte; je ne connaissais pas ce blog, mais c'est excellent!

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  2. Je suis fan de sa plume aussi. Ceci dit, je suis aidée, il parle de films que j'aime (parce qu'ils sont mauvais paradoxalement). Mais qu'il écrit bien! :)

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    1. Hahaha, oui mais c'est vrai qu'il en parle bien et c'est toujours drôle parce qu'il multiplie les références.

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  3. J'ai adoré ce billet de l'Odieux connard car en lisant d'abord l'interview du sociologue dont il est question, j'avais été atterrée par le vide abyssal du propos et me disais que la sociologie dans son ensemble - mais il y a bien sûr des exceptions - semblait avoir oublié ses glorieux fondateurs. Qu'aurait pensé un Durkheim d'une telle étude ?
    Sur les billets cinématographiques de l'Odieux connard, je les apprécie en général même si je ne connais pas les films dont il parle, généralement des blockbusters américains. Je recommande en particulier son compte-rendu de "50 nuances de grey" ! C'est la force de son blog : tout est dans l'écriture, l'humour ; l'objet est finalement secondaire. Je regrette seulement parfois la longueur des articles qui gagneraient à être plus concis.

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    1. Je suis complètement d'accord avec toi, notamment sur son compte-rendu de 50 nuances de Grey, vraiment très bon. Mais il est vrai que ces articles sont très (trop) longs, mais c'est un vrai plaisir de le lire.
      Belle journée,
      Maeve

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    2. C'est vrai que c'est souvent trèèèès long. J'évite de le lire sur mon smartphone...

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  4. Superbe article, je ne connaissais pas.

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    1. Suis ravie de vous le faire découvrir :)

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  5. Alors pour le coup (et pour une fois !), je ne partage pas votre avis. Cette chronique m'a paru très mauvaise sur le fond comme sur sur la forme. L'auteur est ignorant et croit qu'il suffit de lire un article de Libé (où, soit dit en passant, M. Gunther doit nécessairement "vulgariser", synthétiser sa pensée) pour mettre à bas une analyse sociologique. Il n'a pas lu l'ouvrage de M. Gunther, c'est manifeste, pour employer de tels arguments fondés sur un "bien connu" des pratiques du selfie qu'il présume universellement partagées par ses lecteurs. Il lui aurait fallu mobiliser - même partiellement - une argumentation s'appuyant sur des analyses quantitatives, qualitatives, maîtriser les notions "d'usages", "d'appropriations", de "représentation", de "performance" pour être convaincant (et drôle !)... bref, il faut bosser un peu -- et c'est un euphémisme -- pour se permettre de faire passer M. Gunther pour un incompétent notoire. D'ailleurs, en s'informant, l'auteur se serait vite rendu compte que les usages du selfie dont parle M. Gunther ne sont pas contradictoires avec les pratiques et usages décrits dans la chronique.... En somme, le chroniqueur ne décortique rien du tout. Bon, maintenant, l'Odieux Connard a tout a fait le droit d'être superficiel, moralisateur, réac, de mauvaise foi, de ne pas partager les idées de M. Gunther -- encore heureux. Là où je trouve la chronique malsaine, c'est que le propos du chroniqueur sert, sous couvert d'humour franchouillard réac et sur la base d'un exemple particulier, à légitimer le dédain pour la discipline sociologique et la recherche en général. Les réactions en commentaire surfent d'ailleurs sur cette espèce de "haine" de l'intellectuel, présumé inutile, payé à rien faire, etc.
    C'est comme si une personne se permettait, sur la foi de la lecture d'une interview pontcuelle (et peut-être maladroite) de l'Odieux connard dans un média quelconque, d'écrire un article humouristique mais méprisant, qui sonnerait le glas de tous les écrits de ce chroniqueur, de son ouvrage récemment publié, du blogging en général et de la chronique d'humeur-humour dans les blogs en particulier. Ce serait stupide.
    Tout n'est pas rose dans la recherche française, loin s'en faut, mais s'il était dans l'intention du chroniqueur de dénoncer les mauvaises pratiques en son sein, je crois que le préjugé, le défaut de documentation et la grossièreté de l'argumentation ne sont pas des armes adéquates.
    Pour info, et parce qu'il y a effectivement des mauvaises pratiques en sociologie que la communauté scientifique peine parfois à interroger et faire cesser (comme dans les autres disciplines, d'ailleurs), voici un passionnant et divertissant récapitulatif d'un débat récent au sujet de la revue Société :
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2015/03/un-canular-sociologique-d%C3%A9cortique-le-maffesolisme.html
    Je joins aussi le lien vers le blog de M. Gunther qui, sns prétendre à l'ehaustivité, me semble poser des pistes de réflexion intéressante pour ceux qui s'intéressent à l'image : http://imagesociale.fr/
    J'en profite, Stelda, pour vous remercier pour vos articles toujours très intéressants et drôles. Bises. Nina

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    1. Chère Nina, quel bonheur de vous lire à nouveau :). Je ne pense pas qu'Odieux Connard ait voulu la peau de la sociologie, mais a souhaité prendre du recul sur l'ultra analyse de tout. On peut en effet tout analyser, je suis la première à le faire ici, et deux posts plus loin, à m'en moquer, parce que je ne suis pas très sûr que ce soit vital de trouver le pourquoi du comment de l'arrivée du bleu clair dans les collections. les chasseurs de tendance sont des sociologues qui ont eu la flemme de travailler :)
      Je suis la première à admirer la recherche, à croire en son utilité justement parce qu'elle est gratuite... jusqu'au jour où l'on réalise qu'elle ouvre des pistes importantes pour la médecine, le marketing, les télécommunications, etc.
      Malgré tout, je trouve cette analyse du selfie en tant que "révolution" très surfaite! Faut pas pousser mémé. C'est comme les photos de vacances dont parle M. Gunther : bien sûr, il y a des points communs entre l'album de nos grands-parents et Instagram mais il y a aussi de sacrées différences. Une pratique change radicalement quand elle quitte la sphère privée pour arriver dans la sphère publique, il me semble que cela la légitime et c'est loin d'être anodin.
      Gros bisous,

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  6. Oups, Laurence! J'ai effacé ton commentaire par mégarde. Je suis désolée :(

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    1. Ah Ah !! j'avais d'abord écrit que je préférais ta plume, j'ai trouvé l'article si...laborieux disons, mais il est vrai qu'il décortique point par point et que du coup, forcément, ce , n'est pas très fluide. Mais j'ai lu depuis d'autres articles de son blog et j'ai bien ri. Rafraîchissant !! Merci pour ce lien, je ne le connaissais pas.

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    2. Je suis très flattée, Laurence. Odieux Connard a le défaut d'être un peu disert, en effet :) Mais j'aime tellement son ton détaché que je ne m'en lasse pas.

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  7. Je ne le connais pas, mais rien qu'à te lire je bave d'envie
    Gros bisous je file le lire

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