La mode mondialisée, un cauchemar XXL

M6, c'est la chaîne de Barbie : télé-réalité à gogo pour nous reformater le cerveau en même temps que notre intérieur / notre vie amoureuse / l'éducation de nos têtes bondes. C'est plein de bons sentiments qui font avaler de grosses bêtises, tout le monde le sait. Je ne regarde généralement que les séries (et Cristinaaaa). Mon mépris est tombé devant le dernier Capital diffusé dimanche soir.


Consacré aux dessous du discount, les journalistes épinglent les ingrédients des pizzas industrielles (je me suis réjouie de la faire maison ou de la prendre chez le pizzaïolo du coin), l'explosion des coiffeurs discount (ça mérite un petit post OVNI, ça) et la délocalisation du textile.

Vous vous en doutez, j'ai regardé 3 fois de suite le sujet en question. Le documentaire revient bien sûr sur l'effondrement du Rana Plazza au Bangladesh mais apporte des révélations encore plus étonnantes. Et voici ce qui en ressort :

- la Chine est définitivement trop cher. Soooo expansive, it's not possible, pfffiouh! Jusqu'à 7 dollars le t-shirt, non mais oh, t'as fumé, coco! Alors que les petits bangladais, eux, savent vivre : à 3 euros le polos, on peut causer. Et le revendre en France 15 euros sans se gêner. Voire 75 euros si on a un joli logo.

- 61 % des télé-spectateurs sondés trouvent qu'une robe fabriquée de façon éthique et vendue 89 euros est trop chère. On leur rappelle que Zara vend ses nippes à peine moins cher alors que c'est fabriqué par des esclaves ?

- 52 % des télé-spectateurs sondés trouvent normal de tirer au maximum les coûts de fabrication à l'étranger. "C'est la loi du marché". J'espère pour eux que leur patron ne leur imposera jamais les conditions de travail que celles que ces bons français trouvent normales d'infliger à des Chinois, des Mexicains ou des Coréens. Un bon gros racisme primaire, quoi... J'aimerai voir la tête de Madame Michu si on lui propose de faire 2 heures supplémentaires pour 50 centimes de prime ou qu'on réduise ses congés payés à 3 jours par an. Au fait, les fermetures d'usines françaises entrent aussi dans la loi du marché. Les gars de Continental, Peugeot, Michelin, Bouygues, arrêtez de vous plaindre. 

- ... les Coréens, oui, parce que des vêtements estampillés made in China (voire made in Italie, ou France!!) sont fabriqués en Corée. Et là-bas, l'Etat est bien plus malin que chez nous : il se fait payer directement par les donneurs d'ordre (généralement chinois) et reverse ensuite aux ouvriers leur (petit) salaire. Dont une partie en nouriture. Tout le monde y trouve son compte : l'Etat coréen touche directement ses royalties sans avoir à se préoccuper de prélever des charges ou des impôts, l'ouvrier n'a pas besoin de faire ses courses (on les lui livre directement à l'usine). Accessoirement, les marques occidentales payent 3 euros la fabrication d'une robe qui coûterait 8 euros en Chine et 30 en France. Que demande le peuple ? Un excellent système dont notre gouvernement devrait s'inspirer et qui réjouirait les bons français cités à l'item précédent : fini la corvée du Auchan Drive!

- 1/3 des vêtements vendus en France est importé de Chine. Et sur ce pourcentage, on se demande quelle quantité est fabriqué en Corée du Nord, par des esclaves étatisés ?

Donc depuis dimanche soir, je sais que le prix de mes fringues, non content d'engraisser des multinationales, sert peut-être aussi à armer un dictateur.  C'est cool, ça me donne envie de faire du shopping!

A revoir en streaming : Capital, des produits toujours moins cher. Le textile commence à 25'.


stelda

51 commentaires:

  1. Les 52% c'est avant le reportage? Ce chiffre me choque! Les gens veulent tout sans penser aux conséquences des leurs achats... Tu avais vu le reportage d'Elise Lucet l'année dernière sur ce sujet aussi? Ça faisait froid dans le dos aussi... Bisous

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    1. C'est pendant le reportage : M6 propose des sondages en ligne sur le replay. Oui, ça m'a choquée. Certains diront qu'ils ne jouent pas les hypocrites mais ce manque d'empathie me sidère. Bisous!

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  2. Terrible bilan ! Je n'ai pas encore la TV là où je suis mais j'avais repéré cette émission et envie de la voir. J'imagine les sursauts d'énervement que tu as dû avoir ! C'est terrible de parler de tels sujets sans montrer aux télespectateurs que tout cela est inadmissible ! Car malheureusement la plupart ne se rende pas compte des conditions de travail et de vie de tous ces ouvriers qui fabriquent ces produits lowcost ... Et si en plus la TV en rajoute dans ce sens ! C'est mal barré pour faire évoluer tout ça mais il faut y croire !!!

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    1. Vive le replay, qui est tout de même une belle invention : je ne compte plus le nombre d'émissions que je peux regarder à tête reposée.
      Cette fois, les journalistes ont fait du bon boulot en montrant les conditions de travail des ouvriers et aussi la pression exercée sur les propriétaires des usines, la difficulté des marques à surveiller leurs sous-traitants, etc. C'était un reportage très complet.
      Oui, il faut y croire!

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  3. sinon c'est bien aussi le local, les vêtements faits en france sont souvent de qualité (je parle de petites enseignes évidemment). et ces gens qui trouvent anormal de payer 89 euros ???? ils préfèrent juste fermer les yeux parce qu'il paraît que zara, c'est tendance. ça m'horripile tout ça !

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    1. Voilà :)). C'est vrai que chez Zara, tu es sûre de trouver LE truc à la mode qui fait envie. Tu es like Céline ou Balenciaga de la tête au pied pour 10 fois moins cher :)

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  4. Très intéressant ton article. Je n'ai pas regardé le reportage mais je pense que je vais me faire le replay.

    Perso avant je m'en foutais royalement de tout ça, j'étais jeune (lol) mais maintenant c'est une autre histoire...

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    1. Merci Stéphanie. Oui, on prend du recul, avec l'âge. A 20 ans, je m'en foutais aussi (et il y avait aussi beaucoup moins de fast fashion, même s'il y avait des dizaines d'ateliers clandestins à Paris dont les conditions de travail n'étaient guère plus reluisantes que celles subies au Mexique).

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  5. Nous ne pourrons plus dire que nous ne le savions pas ! Et pourtant, depuis un bon moment nous étions au courant !
    Mais beaucoup de gens s'en moquent - vous n'avez qu'à aller en fin d'après-midi dans un des magasins cités : beaucoup de vêtements parterre, arrachés de leurs cintres...

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  6. ...aucun respect de la marchandise, mais pire, de la personne qui l'a fabriquée !
    A-t-on vraiment besoin de s'acheter tant de t-shirts pas chers certes, mais pas toujours de bonne qualité ? Acheter moins mais mieux, en payant plus les personnes ! Mais peu de personnes sont prêtes à ça, c'est honteux !

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    1. Le reportage sur les usines de Corée du Nord m'a terrifiée. C'est vraiment l'esclavagisme institutionnel... Et là-bas, aucun risque qu'on apprenne quoi que ce soit sur des accidents du travail.
      Heureusement, les reportages grand public se multiplient et à force, les consommateurs changeront peut-être leurs habitudes.

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  7. ça me confirme deux choses: 1) cette société manque de révoltés (où sont les JJG et autres Daniel Balavoine qui AU MOINS ds leurs chansons faisaient passer un peu d'esprit critique auprès des jeunes); nos jeunes d'aujourd'hui vont devenir des "ben c'est comme ça, la planète meurt et l'homme aussi on peut rien faire c'est la loi du marché" 2) l'HUMAIN avec un grand H est une notion laissée de côté au détriment de tout ce qui passe avant: la possession capitaliste, le règne de la consommation à tout va, la voiture d'abord, la tablette avant tout; Et l'HUMAIN, à la fin de la liste. Pas important.
    On manque de philosophes et d'esprit critiquent agissant vraiment au coeur du monde et remettant l'HUMAIN à sa place: à savoir, au premier rang. Tant que ça sera comme ça, tout ira mal. Il faut une espèce de "Renaissance" (au sens XVIe siècle du terme) qui place l'HUMAIN au coeur de nos vies. Sinon, on va ds le mur.

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    1. C'est ce défaitisme qui me révolte le plus. Si on ne croit plus qu'on peut faire avancer les choses, tirer l'homme en avant, autant retourner directement à l'état sauvage. Pas la peine de se casser la tête à lire, jouer de la musique, éduquer ses enfants.

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  8. Merci pour cet excellent article !

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    1. Merci Véronique! J'ai un peu l'impression de jouer les suffragettes mais bon, ce documentaire m'a semblé trop intéressant pour ne pas vous le partager.

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  9. "d'esprits critiques", pardon (j'ai mal au crâne et j'ecris n'importe comment)

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  10. Stelda, je ne sais qu'écrire... tellement c'est navrant, bien que rien ne me surprenne - hélas - dans ce constat que vous établissez.
    Ceci étant, je ne blâme personne (sans vouloir non plus dire que c'est votre intention hein :-)) Beaucoup de gens vivent avec moins de 1 500 euros mensuels, ils constituent même la majorité d'entre nous et je comprends que, dans ces conditions, une robe à 89 euros paraisse inabordable. Avec un tel salaire, quand les factures sont payées et qu'il faut prendre soin des enfants, il ne reste plus rien à la fin du mois, c'est l'évidence.
    Dans le monde entier, les salaires sont à la baisse. En Europe occidentale, on souffre moins de la mondialisation que les pays du Sud parce que notre économie est encore régulée par des lois sociales lentement élaborées depuis deux cent ans. Et parce que la corruption des élites ou que la concentration oligarchique des pouvoirs économiques et politiques y est moins forte. Aussi parce la classe moyenne française a pu, grâce aux Trente Glorieuses, constituer des patrimoines modestes qui soutiennent la jeunesse d'aujourd'hui.
    Mais nous avons déjà vécu ces conditions de travail esclavagistes (ou quasi, selon les cas) sous la Révolution industrielle et si, actuellement, nous ne disposions pas de cet héritage législatif, on en serait toujours au même point. J'imagine que vous le savez, mais en Allemagne où il n'y a pas de salaire minimum, des gens sont actuellement obligés de travailler à temps *partiel* pour 5/6 euros de l'heure. Au-delà de toute opinion politique partisane, c'est certain que le capitalisme revêt des formes très très violentes qui sont systémiques et nous concernent donc collectivement.
    Merci pour votre article, Stelda. - N.

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    1. c'est vrai aussi... Mais justement, le mépris de l'être humain entraîne le mépris de l'être humain...La chosification de tout, ça mène à ça. (l'histoire l'a hélas assez prouvé). Allons dire en effet à qqu'un qui a à peine de Smic qu'il faut arrêter de s'habiller chez H&M parce que ça tue des gosses au Bangladesh... quand la vie vous traite déjà comme un moins que rien... Ce cercle vicieux du mépris de l'être humain, c'est hyper contagieux hélas...

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    2. @ Nina : Je comprends tout à fait les raisons de ceux qui ont des fins de mois difficile. Mais comme je disais à Jicky, c'est ce manque d'empathie et cette acceptation du pire qui me révoltent. Et pire encore, les occidentaux pauvres ne s'y retrouvent pas non plus. On nous le fait croire, mais non : on est juste des pompes à fric tandis que d'autres sont des pompes à sueur.
      J'ai vu l'autre jour qu'une occidentale achetait en moyenne 21 000 vêtements dans sa vie!!! Même si c'est pour toute la famille, le chiffre parait surréaliste.
      Bon, promis, je reviens avec des articles plus rigolo :)

      @Jicky : oui, c'est tout à fait ça. Vive le système WallMart.

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  11. J'ai regardé ce reportage avec attention. Je ne sais pas quoi en penser. Mes clientes qui ont les moyens (surtout des étrangères) achètent éthique, les autres aimeraient mais achète du made in china.
    Je ne sais pas ou sont fabriqué mes vêtements qui proviennent de Chine mais j'achète à plus de 5€ le prix HT.
    La plupart viennent de Tunisie ou de France.

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    1. C'est génial que celles qui le peuvent acceptent de payer un peu plus cher un vêtement respectueux. Ca doit te faire chaud au coeur!

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  12. Je n'ai plus la télévision depuis l'an 2000 mais bon, je crois que je vais regarder cette émission si elle passe encore. Puis je vous rappeler, mais nous le savons tous n'est ce pas, que nos sociétés occidentales (modèle exportés largement d'ailleurs) fonctionnent sur le modèle de la consommation (et non plus de la consom'action hélas). Je consomme donc je suis, je consomme donc je participe à la vie de mon pays, de mon économie, je consomme, je "prouve que j'existe" (bonus à la personne qui trouve la référence cachée dans cette expression...!). Tous le monde, moi, vous, eux, les parents, les enfants. Où croyez vous que les playstation et autres gameboys et machins que l'on refourgue à nos joyeux bambins, sous peine d'être has been, sont fabriqués et dans quelles conditions ? Je ne pense pas que cela servent à grand chose de dire que c'est la faute du système, des élites, des politiques, des industriels... et j'en passe des intermédiaires. C'est surtout notre rôle aussi qui est en jeu, notre comportement face aux "biens"(faits?) de consommation desquels nous sommes désormais prisonniers car cela a forgé notre identité, pour certains. C'est le comportement des humains qu'il faut faire évoluer, le notre, celui que nous transmettons à nos enfants sinon... Bon, pas de pessimisme non plus ni de "j'arrête de consommer" mais juste du bon sens, du raisonnement quand on peut. Car, comme le soulignais la commentatrice anonyme, la majorité des personnes n'a pas de moyens assez importants pour s'offrir des vêtements à plus de 30 euros (enfin dans le 9-3, c'est comme ça !). Parce que aussi il faire "tourner" les fringues, avoir sans cesse du nouveau. Ça ne se fait plus d'avoir des vêtements solides, pas forcément de la dernière tendance, mais qui durent des années, un investissement quoi. Et puis dés qu'il y a un trou, un truc qui ne va pas, hop, on jette, c'est tellement plus facile et on a plus de temps pour regarder la télé sur le super grand écran plat (chacun ses priorités hein !!). Bon il faut aussi dire que, pour certains, l'important c'est le loyer et la nourriture alors le reste, on fait ce que l'on peut pour les enfants qui subissent le regard et la concurrence, rudes, de cet âge là. Rien n'est simple et le discours responsable sur la consommation, la nourriture saine, la santé, ne passe pas partout forcément quand c'est parfois la survie qui est en jeu, tout simplement. Maintenant pour ceux qui sont un peu plus "moyens" (ceux qui lisent des blogs, en crée, lisent certains magazines, livres, ou pas...), c'est là que les choses devraient bouger, remises à leur place en valorisant le durable, autant en meubles qu'en fringues ou autres. Mais bon, ce n'est pas du tout dans l'air du temps, ou alors seulement de façon marginale, et, parfois, avec une vision un peu simpliste et bobo du truc (j'ai en tête une personne qui vit désormais en AUTARCIE en Alsace, son blog est édifiant,un peu extrême mais très éclairant, pas la peine de faire pareil tout de même), cela implique une nouvelle façon de consommer qui fait un peu ringard "à la grand papa" et, aujourd'hui, il n'y a pas du tout une offre suffisante pour cela, sinon très (trop chère) pour une grande diffusion. Equation très délicate et difficile mais non insoluble. Pour ma part, j'ai du mal encore je l'avoue : des décennies de consommation à donf, du "tout cuit" du tout de suite maintenant, du je veux tout j'ai droit à tout, ça marque les mentalités, difficile de réfléchir ensuite. Ouf, j'arrête mon pavé, ton blog n'est pas une tribune mais un lieu de grâce (si si) et de partage. Merci à toi.

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    1. "des décennies de consommation à donf, du "tout cuit" du tout de suite maintenant, du je veux tout j'ai droit à tout, ça marque les mentalités, difficile de réfléchir ensuite. "
      >> je suis super d'accord avec cette phrase. L'essentiel, et c'est un début, ce serait déjà que plus de gens aient MAUVAISE conscience. Si ce post et cette émission, et les coups de gueule pouvaient déjà avoir cet effet, ce serait dejà énorme. Trop de gens dorment sur leurs deux oreilles peinards et pas concernés (dont la majorité des jeunes ados, hélas, leur sensibilité ecolo-éthique étant souvent très faiblement développée). Cette mauvaise conscience, je la trouve super importante à transmettre aux générations futures. C'est un peu du "c'était mieux avant", ce que je dis, je sais, mais je trouve qu'elle se perd, et c'est triste... et dangereux.

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    2. @Eveange : mais, si mon blog est une tribune :)) Et je te remercie d'avoir pris la peine d'un si long commentaire!
      Oui, l'émission est disponible en replay ;-). Je suis complètement d'accord avec toi! On nous pousse à changer de portable tous les ans grâce à nos points magique, à changer de télé tous les 2 ans... Sans vivre dans une grotte, il faut qu'on retrouve le goût des choses, le respect des objets. Quand je vois mes enfants jeter des jouets ou des livres par terre, ça me rend folle. Mon mari et moi on travaille dur pour les éduquer à être soigneux mais j'avoue, j'ai déjà dû me rééduquer moi-même.
      Et tu as raison, il faut faire une vraie cure de désintox. Je m'y suis mise depuis 2 ans, c'est dur, vraiment (surtout quand on reçoit des look books toute la journée!!). Mais j'ai dû diviser mes achats par 4.
      Et je suis d'accord avec Jicky : la mauvaise conscience aide bien! Quand je traîne dans les rayons de Monop' ou H&M, je me demande si la couturière chinoise a des pauses pipi ou un masque pour ne pas inhaler des bouloches de laine et ça me calme direct.
      Bien sûr, ce sont les prescripteurs qui peuvent entraîner un changement massif des mentalités.

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  13. Merci pour le lien de la vidéo, je me demande encore ce que je faisais dimanche soir tiens... C'est quand même scandaleux ce genre de choses. J'avais déjà lu que la Chine est de moins en moins une destination "privilégiée", car les prix de fabrication augmentent. Heureusement, maintenant, ils vont pouvoir commencer à soumettre l'Afrique au même régime (la destination à la mode en ce moment). Les prix affichés par Zara ces derniers temps me laissent perplexes: quand je vois le prix de certains vestes ou manteaux (aux alentours de 130€, et une composition qui ne mérite pas ces prix !), je me demande encore comment on peut considérer cette enseigne comme "bon marché" ? Surtout pour les personnes qui trouvent que 89€ pour une robe est trop cher, je me dis que même Zara doit leur paraître hors de prix à certains moments. Je suis d'accord avec Anonyme, il est vrai que les salaires moyens en Europe sont loin de pouvoir permettre à des familles de considérer la mode comme autre chose qu'une nécessité (alors que pour nous, soyons honnête, elle tient plus de la futilité). Et les prix des vêtements sont forcément chers pour ces personnes. Mais si je me mets à la place d'une jeune créateur qui fabrique en France, et qui doit faire face à tout un tas de coûts à absorber dans ces prix (et on ne parle pas que des matières premières ni de son travail créatif, mais tous les à-côtés: impôts, TVA, loyer, etc.), il ne lui est pas possible de survivre en proposant des prix "à la Zara". Dès lors, il y a un réel problème de société, mais rien que d'y penser, j'en ai des nausées, parce que je ne comprendrais jamais comment on peut à ce point ne pas respecter les autres et s'enrichir sur leur dos. Notre monde est d'une tristesse de temps en temps...

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    1. C'est officiel, H&M s'installe en Ethiopie. Le salaire moyen est de 42 euros / mois (moyen, donc ça inclut aussi les très gros salaires...). Notre monde est capable du pire mais je crois qu'on peut aussi lui apporter le meilleur si on pense un peu au voisin. C'est pour ça que ce mépris de l'ouvrier lointain me sidère. Il est assez loin pour qu'on s'en fiche mais assez près pour qu'on reçoive le jean qu'il a cousu :(. Allez, haut les coeurs et demain, l'article sera plus léger ;-).

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  14. Le grand problème est humain, d'un côté les consommateurs, français par exemple, qui veulent des prix toujours plus bas, des grandes enseignes qui se mettent en quatre pour nous satisfaire (et s'en fouttre plein les fouilles)et qui pour ça sont parfois obligées de fermer les yeux, et ceux qui ont compris le truc et qui s'en mettent plein les fouilles dans les pays producteurs.
    J'ai du mal à entrevoir comment cette situation pourrait évoluer.
    Il n'est pas possible de boycoter car comme tu le disais la dernière fois ça ferait encore plus de dégâts, alors quoi?
    A part être plus méfiants et clairvoyants, je ne vois pas ce qu'on peut faire à notre niveau et c'est frustrant.

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    1. Mais c'est déjà beaucoup. Et petit à petit, on arrive quand même à changer ses habitudes, à acheter moins ;-). Les pétitions et le raffut médiatique sur le Bangladesh a un peu fait avancer les choses. Ce n'est pas grandiose mais c'est un pas. Idem en Chine : si les conditions de travail et les salaires s'y sont améliorés, c'est parce qu'il y a eu quelques gros scandales (Nike, Mattel, Disney...).

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  15. Je n'ai pas vu le reportage mais je ne suis guère surprise, j'ai lu que la Chine produisait pour trop cher en raison d'une main d'oeuvre devenue plus chère ... un comble !! Il me plait de penser que petit à petit les consommateurs deviendront plus responsables ... le chemin est long !

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    1. Les marques devraient aussi voir leur intérêt à long terme : un ouvrier bien payé achètera plus :))

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  16. J'aime beaucoup ton article et si ça ne te dérange pas, j'aimerais beaucoup le relayer sur mon blog (où je parle de mode éthique depuis 7 ans maintenant). Je suis catastrophée par tout ça, par les discours entendus autour du moi sur le peu de considération portée à l'environnement et à l'être humain. Je ne sais pas si tu as lu la bande dessinée de Guy Delisle sur la Corée du Nord (chroniques de Pyongyang) où il explique travailler pour une société de dessins animés très riche (je penche pour disney mais je ne suis plus sûre) et pour faire des économies sur la production et donc augmenter encore et encore les marges, les dessins intermédiaires se font en Corée du Nord où le salaire est très bas. Voilà, nos dessins animés, regardés par nos enfants bien au chaud dans leur fauteuil, sont dessinés par des personnes sous-payées et vivant dans des conditions horribles sous un régime dictatorial ... Pour finir, je ne sais pas si tu connais Pierre Rahbi mais j'aime beaucoup sa philosophie sur le fait de fixer des limites de consommation à notre société occidentale. Et je viens de terminer un excellent livre "un million de révolutions tranquilles" qui redonne un peu le moral sur le fait de pouvoir changer les choses.

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    1. Bien sûr, tu peux le reprendre, Lillibulle, ainsi que l'infographie si tu le souhaites. J'ai déjeuné un jour avec une copine et elle m'a dit texto : "je m'en fous des conditions de fabrication". Heu, bien... Je suis comme toi, j'ai mal au ventre à l'idée que mes enfants jouent avec des objets fabriqués par des gosses de leur âge, par exemple. Pour les jouets, c'est facile d'acheter français ou allemand, ou à des petits créateurs qui fabriquent eux-même. Pour les vêtements des enfants, j'avoue que je n'ai pas le budget pour les habiller en marques éthique donc c'est échange avec les copines mamans, vide-grenier, Emmaüs... Economique et moins de gaspillage de ressources.
      Je connais Pierre Rahbi de nom mais je n'ai pas lu ses ouvrages. Je vais essayer de me les procurer.

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  17. Eh ben je vais revoir mes résolutions d'acheter moins mais plus cher pour plus de qualité...à moins, plus cher, pour plus de qualité et surtout d'éthique !

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    1. Tu peux aussi te tourner vers les vide-dressings et Emmaüs. C'est moins sexy qu'une boutique mais très économique :)). Et si tu as un peu de temps, il y a de super découvertes!

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  18. Hello Stelda,
    J'ai un peu laissé tomber Capital parce que je trouvais que leurs sujets finissaient par tourner en rond, mais manifestement j'ai raté quelque chose !
    Je suis profondément effarée par cette histoire de fabrication délocalisée en Corée du Nord. Quand j'étais étudiante j'étais en charge d'une revue de presse sur l'Asie et je me souviens comment le régime nord coréen était diabolisé car à cette époque les tensions étaient très fortes. En façade finalement puisque je découvre qu'en fait on fait du business avec eux et tout ça sans rien dire au citoyen/consommateur...
    Je crois que le gros problème des marques éthiques (comme avec les cosmétiques bio avant) c'est qu'elles ne savent pas se rendre désirables. Continuer à penser que sur un marché aussi concurrentiel que la mode, les consommateurs vont acheter juste parce que la marque est éthique est un mauvais calcul. Ca permet en effet de toucher une cible déjà sensibilisée mais ce n'est qu'une petite niche. Il faut réinventer un marketing et une communication moins gourmands en coûts pour ces marques sinon elles ne pourront jamais séduire le grand public.
    Personnellement vu mon budget, j'ai choisi de dépenser le minimum en vêtements. J'aime les belles choses mais j'ai dû mal à mettre 90€ dans une robe (entre une robe et un sérum, je choisis le sérum ;) C'est pourquoi je préfère acheter env. 80% de mes vêtements en friperies ou chez Emmaüs, non seulement c'est plus écolo et terriblement économique, mais en plus je fais une bonne action en aidant des personnes (avec Emmaüs). Et je culpabilise moins ;)
    Je te rejoins totalement sur les gens qui ne s'inquiètent des conditions de travail que lorsque c'est pour défendre leurs avantages et pour qui ce qu'il se passe ailleurs, ou même chez le voisin d'à côté n'a aucune importance.
    Individualisme quand tu nous tient...
    Bises <3

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    1. Ah bah dimanche, ils ont envoyé du steack! C'était vraiment intéressant. Et le coup de la Corée, complètement inédit pour moi. J'en suis encore toute retournée.
      Suis complètement d'accord avec toi!! Très peu de marques éthiques savent se vendre. Celles qui ont compris qu'on vend d'abord un produit s'en sortent bien mieux (comme Veja, Eykiog, etc).
      Gros bisous, Ellen :)

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  19. Je vais regarder l'émission en replay, ça me semble très intéressant mais tellement flippant, malheureux, injuste.... On veut toujours tout moins cher et voilà où ça nous mène. J'avoue qu'a une période de ma vie, plus jeune étant dans une situation financière plus que critique m'acheter des très bas prix m'a permis de m'habiller. J'ai conscience que si aujourd"hui ma consommation a changé c'est que financièrement ma situation a changé. Je préfère m'acheter moins et de qualité que accumuler des fringues qui dureront un déjeuner de soleil.

    Et puis avec l'âge je réfléchis plus à tout ça et prends mes responsabilités quant à ma consommation mais au bout de combien d'années de consommation irraisonné? Enfin mieux vaut tard que jamais!

    Bises ma Stelda et super article!

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    1. Eh oui, l'âge nous rend sage et responsable :)). Le fait d'avoir des enfants aussi. Ca nous fait réfléchir à l'essentiel : quel monde veut-on leur laisser ? Une planète polluée, dévastée, où la moitié de l'humanité trime pour le bon plaisir de l'autre ?
      Bien sûr qu'il vaut mieux tard que jamais (tu parles à une ex-acheteuse compulsive, tu sais) :D. Gros bisous, Julia!

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  20. En tout cas ça prouve que l'éthique n'est pas un argument de vente dans la mode :(
    Je ne savais pas pour la sous-traitance en Corée du nord. C'est édifiant.

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    1. Non, au contraire : la mode durable a encore cette image de tunique en chanvre brun, beurk. Et comme dit Ellen, les marques éthiques sont souvent assez mauvaises en om', pas très glamour. Je connais de super marques cosmétiques dont les flacons sont d'une laideur à pleurer.

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    2. Je reviens après avoir vu le reportage d'envoyé spécial sur la "mode toxique" sur internet lui aussi très édifiant. Peut-être que le fait de savoir qu'il y a des substances toxiques dans leurs vêtements encouragera les consommateurs à s'intéresser un peu plus à la traçabilité des vêtements.

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    3. Je pense que c'est surtout le fait que des travailleurs français soient touchés qui fera changer les choses.

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  21. Je n'ai pas encore vu le reportage, mais ce que tu dis est tellement vrai.

    Je bosse dans les achats et quand je vois les prix pratiqués par les chinois (c'est-à-dire au ras des racines de pâquerettes), ça me fait halluciner. Mais mes chefs me répondent toujours que nos clients n'en voudront pas car c'est encore trop cher...
    Et après ça, les clients finaux français (et les européens aussi d'ailleurs) vont se plaindre que les produits fabriqués en Asie c'est de la mer... Bah tu m'étonnes, avec un prix pareil, faut pas s'étonner mon gars!


    Sur ce, je vais aller brouter des pâquerettes, ça me rendra de meilleure humeur ! ^^

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    1. Lily, du blog An Other Happy Day a fait un excellent article aujourd'hui. Je suis sûre qu'il te plaira. Elle dit que le shopping, c'est comme un régime. Il faut savoir acheter un peu pour nos besoins, acheter des choses qui nous plaisent mais ne pas acheter pour acheter et se rassurer. Je trouve qu'elle a un avis très équilibré.
      Peu à peu, nous réalisons qu'acheter pas cher nous oblige à racheter sans cesse parce que nous sommes déçues dans 90% des cas par ces objets de mauvaise qualité.

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  22. Je voulais justement regarder ce reportage. Le truc de la corée du nord, ça me répugne... mais comment consommer "responsable" si le fait de juste coudre une étiquette le fait fabriquer "made in france" ?

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    1. Je ne voulais pas reparler de ce genre de sujet parce que j'ai l'impression de plomber un peu l'atmosphère... mais cette magouille d'étiquette m'a interpelé. Ca et les conditions de paiement des ouvriers en Corée du Nord. Impressionnant!
      Du coup, oui, comment consommer responsable quand le doute s'insinue partout ?

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