Débrief de fashion week #1

J'ai suivi la semaine des défilés en pointillés, juste assez pour remarquer deux ou trois choses.

  1. Si la sauce du see now, buy now est déjà presque un souvenir, le défilé mixte, lui, devient courant. 
  2. On prédit la mort de Paris depuis 10 ans et finalement, la capitale semble s'en être mieux tirée que New York ; peut-être grâce au nouveau souffle de la Fédération de la Haute Couture et de la mode et à Pascal Morand.
  3. On disait également les défilés finis. Ils sont toujours là, et dans des cadres impressionnants (les salles anciennes du Louvre pour Vuitton, le Grand Palais pour Chanel...). 
  4. Les participants, en revanche, sont devenus très sages. Finis les extravagances. Hormis quelques paillettes et les talons de 12, ils sont habillés (presque) comme vous et moi. Le street style fou avec des nanas en culotte de fourure ou en trench façon papier de Quality Street, c'est mort.
  5. Y a un truc bizarre avec les bandes son. En regardant les défilés, je bâillais au bout de 7 minutes, ce qui n'est quand même pas très normal. Ou c'était les collections qui "tiraient à la ligne" ? (après comparaison avec quelques défilés milanais, je crois que le problème ne vient pas que du choix de la bande son... j'étais bouche bée devant Moschino, Gucci ou D&G).

Dans le détail, je n'ai pas du tout aimé Givenchy : mannequins neurasthéniques, silhouettes trop 90's... mais les robes du soir et les silhouettes masculines (le défilé était mixte) m'ont bien plu.

Le tigre, le python et autres imprimés félins chez Elie Saab m'ont aussi laissé un sale goût 90's. Il y avait des perles parmi les modèles, mais j'ai trouvé sa collection très "Versacisante"; elle semble pourtant avoir convaincu les foules, alors tant mieux pour lui. De toute façon, ce n'est pas moi qui le ferait vivre.

Elie Saab, PAP été 2018
A l'inverse, Balmain a secoué son style. Sans en changer complètement, Olivier Rousteing a introduit de l'imper transparent, du lamé argent, des franges, de la résille à pois, de la maille métallique... ça ne laisse pas toujours beaucoup de place à l'imagination, c'est loin d'être portable pour faire ses courses au Franprix mais ç'a le mérite d'oser autre chose, d'être flamboyant et décomplexé. J'ai beaucoup aimé les touches de bleu ou de rouge mêlés à l'or, à l'argent et au noir.

Balmain, PAP été 2018

Hermès, en revanche, m'a surprise en jouant la carte du méli-mélo graphiques.



Saint-Laurent m'a semblé s'être adouci. Peut-être parce que beaucoup de filles avaient des chignons ? Les blouses et les longs pendants d'oreilles leur donnaient une allure de gitane moderne. Et même si c'était un peu facile, le défilé sur fond de tour Eiffel, faut avouer que ça en jette grave! Et là encore, homme et femme étaient mélangés. Juste un détail : la tour Eiffel imprimée sur le devant des culottes, c'était d'un goût douteux. Mais bon, SL nous a habitué à bien pire.

SL, PAP été 2018



Et chez Dior ? On est bien loin des silhouettes sulfureuses de Saint Laurent. Tout est portable, c'est très sage, on se croirait presque chez H&M. Si, si, je vous jure!  Faut juste rajouter 2 ou 3 zéros mais c'est un vestiaire d'ado un peu branchouille, qui suit son inspiration en mixant des pièces shopées au fil des virées entre copines. Hop, une petite robe en mousseline de coton pour la plage, hop un gros pull doudou, hop, un chemisier rigolo avec un gros crapaud en sequins... 

stelda

3 commentaires:

  1. Dior: c'est le risque, à redevenir "normal", on est presque chez Zara en effet!

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    1. N'est-ce pas ? C'est d'un boring, là...

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