Paris, suite et fin


Saint Laurent, été 2016

Entre les princesses blasées d'Heidi Slimane et les jeunes filles en fleur de Paul et Joe, les collections parisiennes se terminent sur un grand écart. Il y en a pour tous les goûts. J'ai regardé 3 ou 4 fois le défilé Saint Laurent en me demandant : "Mais comment fait-il pour transformer toutes les filles en vieilles call girls cocaïnées ?!" Pour accentuer le contraste (ou se ficher d'elles, je ne sais pas), il leur avait collé un diadème sur la tête. C'était très mignon. Catherine Deneuve a trouvé ça "radical et intéressant, sans fioritures, sans chichis". Je ne voudrais pas la contrarier, alors je lui laisse la collection, je me contenterai juste de piquer un diadème, ça va avec tout (dixit Slimane et là, je suis d'accord avec lui), même si je préfère ceux vus chez Miu Miu et Louis Vuitton, bien moins premier degré. En 2016, donc, je serai plus Paul et Joe que Saint Laurent (vous croyez que le diadème se porte aussi avec une tunique hawaïenne ?).


J'ai été moyennement convaincue par les morceaux de miroirs sur les vêtements Loewe et les tabliers de sapeur en croco ou en vachette de Nina Ricci me laissent dubitative. Quant à l'aéroport de Chanel, je crois qu'il mériterait un post complet. Ce qui ressort au fil des défilés :

  1. Beaucoup de satin, en fait, les podiums parisiens croulent sous le satin. Je crains le pire en version Primark ou H&M, le satin et l'organza supportent mal le cheap (et survivront à peu de lavages)
  2. De la mousseline. La dentelle commence à s'effacer, ouf, j'en pouvais plus. J'adore ça mais j'ai l'impression qu'on en mange depuis 10 ans (et en version mécanique polyester dans tous les rayons, y a de quoi dégoûter la plus hystérique des fans)
  3. Du cuir vernis, glacé, coloré, travaillé... chez Balmain, Vuitton, Valentino...
  4. Du blanc, du blanc... Là aussi, mauvaise nouvelle pour les pauvres filles "normales" qui mangent des spaghetti, boivent du thé ou du café et prennent le métro. Ne parlons pas de celles qui ont des enfants. Bonne nouvelle en revanche pour les lessiviers, les fabricants de lingettes,  de produits détachants et les chaînes de pressing.
  5. De l'or, en lamé ou en décoration sur les tissus, les cuirs, les accessoires.
  6. Pas mal de seins à l'air, voire de culottes. Pas très compatible non plus au quotidien. 
  7. Des paillettes, bien sûr. Je crois que je n'en ai jamais vu autant en une semaine. J'ai les yeux en forme de paillettes et de sequins. Chez Chanel, Saint Laurent, Lanvin, Paul et Joe...
  8. De plus en plus de tissus techniques. Même si ce n'est pas très facile à distinguer sur un écran, j'ai cru reconnaître des découpes au laser, du néoprène, des résilles en plastiques, des tissus alvéolés.
  9. Le grand retour de la nuisette, normal, ça va avec le satin (et il fallait peut-être écouler les restes de dentelle).
Morne plaine pour les accessoires, à quelques exceptions près. 

Lanvin fait carton plein en cumulant les paillettes + la mousseline + le satin. Sa collection est sans doute la plus fofolle de la saison. Bien sûr, c'est toujours du Lanvin : on retrouve les petites robes à jupe bouffante, les noeuds-noeuds, les coupes à cru mais Alber Elbaz s'est aussi amusé avec du jean, des imprimés, un peu de long. C'est mon coup de coeur (sauf pour les mannequins : je crois qu'avec Slimane, il fait un concours à qui aura les filles les plus jeunes, malingres et à l'air le plus malade. Elles font passer les mannequins Dior pour de joyeuses luronnes maflues).


 




  
Issey Miyake a amené un peu de bonne humeur avec des silhouettes simples et colorées :

Superbes jeux de plissés chez Iris van Herpen :


La collection Louis Vuitton m'a semblé faite sur-mesure pour la Corée. Gros coups de coeur pour le maquillage, ravissant.


Moncler a imaginé une collection étonnante, à cheval sur des tissus techniques et des silhouettes romantiques, inspirée par l'escrime et la soupe est plutôt réussie.




Hourra, la collection Dior est charmante. Les mailles sont douillettes et pas prétentieuses, les formes proportionnées, le mélange de matières est réussi. Le ton crème est parfait, moins sec que du blanc, il adoucit le noir. Les chaussures, les coiffures et le petit tour de cou se répondent. Mais par pitié, brûlez tous leurs stocks d'organdi. Question subsidiaire tout de même : reconnaissez-vous une influence derrière ces silhouettes ? Une ou deux pièces me rappellent furieusement la collection passée d'une créatrice... 




Et on termine avec la collection africaine de Valentino, plus proche de la haute couture que du prêt-à-porter. Le travail de broderie, de couture et de coupe est juste hallucinant. Là aussi, on trouve du cuir + de la mousseline, des perles (merci, ça change un peu des paillettes!), beaucoup de noir et de chocolat mais tellement travaillé que les robes sont tout sauf tristes.







stelda

12 commentaires:

  1. ouaip, Valentino, c'est un degré au dessus (au moins!!)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Depuis plusieurs saisons, leurs collections sortent vraiment du lot.

      Supprimer
  2. Il ya aussi du beau travail de confection. C'est vrai que la satin n'est pas génial.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le satin ne pardonne pas la médiocrité :)

      Supprimer
  3. La perle, la paillette et le lamé, mon trio gagnant. Bon, peut-être pas tout ensemble, mais je suis heureuse d'en voir. Comme pour le satin, j'attends des catastrophes en copie cheap...
    Quand à Valentino, que j'aime tjs beaucoup, ses robes sont incroyables!
    http://unjourencouleurs.blogspot.fr/2013/08/valentino-valentina.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah, et pourquoi pas, après tout ? Surtout à Londres, les modeuses sont plus courageuses qu'à Paris :)

      Supprimer
  4. Ravissant Valentino. Sinon, vu vite fait comme ça à la télé, Chanel avait l'air joli et même portable, tu nous montreras de plus près, dis.....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, il faut que je fasse un post sur Chanel, c'était encore complètement dingue!

      Supprimer
  5. On dirait que la loi votée pour interdire de défilés les mannequins trop maigres est passée aux oubliettes.

    RépondreSupprimer
  6. Merci pour cette rétrospective Stelda ... je n'ai rien suivi du tout et j'ai trois ou quatre ELLE sous blister ... autant te dire que j'apprécie ton billet !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Aïe, en effet! Quand les magazines s'accumulent, c'est mauvais signe. Si j'ai pu t'être utile, tant mieux.

      Supprimer

Des difficultés pour laisser un commentaire ? Passez sous Safari ou Firefox