Le cas du vêtement porte-bonheur


Isabelle, de Mode Personnel(le), racontait très joliment l'histoire du vêtement qui parle : "Il (ou ils) parle de la façon dont il a illuminé un jour de blues, créé une rencontre inoubliable, rythmé un été spécialement joyeux, secoué une vie de couple ronron, égayé un anniversaire…"
Isabel Wolff en fait le coeur de son roman Un amour vintage. 


Moi, je les appelle les vêtements porte-bonheur. Ce sont mes grigris. Des pièces achetées sur un coup de foudre ou au contraire, dont l'achat a été mûrement réfléchi, mais qui me plaisent toujours autant des mois (voire des années) après. Et puis, il y a la robe achetée pour une occasion particulière, comme cette robe bleu glacier, en brocart argent et vieil or. Je l'ai dénichée chez Shop Vintage. Cette boutique est en passe de devenir mon fournisseur officiel. Je cherchais une robe pour les défilés. Problème :
  1. Je n'ai pas le budget de Kim K ni la chance de me faire habiller gratis par de grandes maisons comme H**, E**, A** ou D**, 
  2. Tours ne brille pas par ses multimarques pointus (quoi que les choses s'arrangent, plusieurs petites boutiques ont ouvert ces derniers temps, mais c'est souvent orienté sportswear et là, le sweat gris estampillée "Je suis une poule française", je ne me le sentais pas trop), 
  3. Je me refusais à grossir le bas de laine de Zara (avouons-le, c'est LA boutique dans laquelle on trouvera TOUJOURS une tenue qui fait la blague pour 100 euros).


J'ai foncé chez Shop Vintage, en croisant les doigts. J'ai bien fait. Dix jours après, en passant devant le Royal Monceau, qui je vois ? Une créatrice russe, avec une robe longue à la jupe trapèze, en brocart bleu glacier et argent. Hahahaha, la mienne m'a coûté 3 ou 4 zéros de moins. Merci Dalila! Oui, la patronne de Shop Vintage s'appelle Dalila. 

Et donc, cette robe, je l'aime. Dedans, je me sens moi. Elle est mi-orientale, mi-rétro, un peu fofolle avec ce doré et cet argent qui brillent mais pas bling, et, merveille!! la coupe va avec mon popotin. Et elle est assimilée à une foule de jolies choses : la gentillesse de Dalila et ses super conseils ("Portez-la avec des chaussures blanches, vous verrez"), un charmant dîner avec Eveange66, des ballades dans les rues parisiennes, un séjour chez une amie merveilleuse, des apéro en terrasse avec ma soeur... 
Cette robe, c'est aussi la preuve qu'avec un budget riquiqui (30 euros), on peut trouver son bonheur.

Au rayon des grigris, il y a surtout la pièce donnée par une amie. Il y a une jupe offerte par Lady Bree que j'ai usée jusqu'à la trame (mais que je garde), un pantalon dans lequel je ne rentre plus (mais que je garde aussi). Une robe moulante grave et ultra courte, taille XS (dans laquelle je rentrais il y 15 ans), ma robe de mariée, une veste vintage très Mugler (dans laquelle je rentre encore, ouf! et que je vais ressortir cet automne), une paire de boucles d'oreilles offerte par Baboudez, un pendentif en bois fait par Mr... Des vêtements ou des accessoires que je porte parfois pour me donner du courage à l'occasion d'un entretien ou juste pour me rappeler la chance que j'ai de connaître celui qui m'a offert, avec cette robe/ce bijou, un peu de son amitié, de sa gentillesse, de son soutien, de son attention. Pendant une heure, un mois, un an, ou des années.

Du coup, début juillet, j'ai relu Un amour vintage d'un autre oeil. Isabel Wolff imagine l'histoire de Phoebe, une jeune anglaise qui se reconstruit autour des vêtements. Elle ouvre une boutique de vêtements vintage et on suit son histoire puis celle de plusieurs personnages qu'elle rencontrera autour d'une robe de bal 50's, d'une robe Vionnet ou d'un tailleur Montana. C'est un roman optimiste, qui nous dit que beaucoup de hasards peuvent se métamorphoser en chance. Vous pouvez lire des extraits ici

Photos : Stelda


stelda

23 commentaires:

  1. Très joli article ! J'ai longtemps porter un court blouson en cuir ayant appartenu à ma mère ! J'aime mon blazer bordeaux acheté en Irlande, je regarde d'un drôle d'oeil cette jolie robe dans laquelle j'ai été hospitalisée .... Et oui, les vêtements transmettent des émotions !

    Estelle
    lamodeestunjeu.fr

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    1. Oui, les vêtements sont comme les maisons : ils absorbent nos souvenirs :)

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  2. J'aime beaucoup ton article et c'est vrai que certains vetements marque des moements importants et que l'on ne peut pas trop s'en separer. Ce livre me tente bien aussi. merci

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    1. C'est pour ça que j'ai beaucoup de mal à jeter un vêtement. A part un t-shirt Zara, bien sûr... C'est un joli roman. Il est sorti en édition poche, d'ailleurs.

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  3. oh il est touchant ton article :)

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  4. Super article ! Et alors Stelda, je crois que je ne vais pas m'en remettre de ton "entretien d'embuche" !!!!!!! C'est parfois tellement ça ! :-D

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    1. Oups, j'ai vu que tu l'avais retiré depuis ma première lecture sur feedly... ;-)

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    2. J'ai hésité à le laisser, parce que ce lapsus était trop drôle! Décidément, en ce moment, je suis déchaînée.

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  5. Je réitère ce que j'ai dis sur insta, il FAUT que j'aille dans cette boutique!!

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    1. Ah oui, ça vaut le coup. J'y suis allé 6 fois, je crois et j'ai acheté 4 pièces. Dont je suis vraiment amoureuse. le risque, c'est de pleurer de rage quand un truc te plaît mais qu'il n'y a pas ta taille.

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  6. Une robe couleur de soleil! :)
    J'ai comme toi des vêtements/bijoux fétiches que je ne porte plus (voir n'ai jamais porté) et que je ne peux pas imaginer faire sortir de leur écrin - trop de souvenirs, et pourtant je suis rarement une sentimentale de l'objet, il y a trop de turn-over chez moi pour cela!
    Quand je me suis offert mon bracelet en jade, il y a déjà 3 ans (seigneur ca passe vite), l'idée était aussi d'avoir quelque chose que je pourrais porter en permanence sans avoir peur de l'abimer. Sans regrets! Il ne va pas toujours avec ce que je porte, mais je ne le retire sous aucun pretexte, j'ai ai sciemment fait mon fétiche, mon porte-bonheur.
    Le cadeau a un statut spécial en toute chose, mais j'ai souvent peur de le perdre ou l'abimer, et cela me pousse a ne pas y toucher!

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    1. Tu as raison : c'est la robe de Peau d'Ane!!
      Un bijou, c'est le "fétiche" par excellence : ça s'abime moins qu'un vêtement et normalement, on rentre toujours dedans, quel que soit notre poids :)

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  7. Les vêtements qu'on préfère sont souvent aussi ceux qui ont une belle histoire à raconter

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    1. Oui. Et ceux qui nous vont vraiment à la perfection, sur lesquels on n'a fait aucune concession. Couleur, forme, matière, longueur, détails... bon, on passe parfois sur le prix mais ça vaut le coup si on le porte 20à jours par an pendant 10 ans ;-)

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  8. Moi aussi j'ai des vêtements importables sont je n'arrive pas à me défaire ... mais j'ai aussi des vêtements que je porte toujours 20 ans après !!

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    1. En plus, ça fait plaisir de rentrer dedans 20 ans après :) On se dit que finalement, on a à peu près tenu la route!

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  9. Il y a des vêtements qui ont une valeur sentimentale, ils nous rappèlent un événement ou quelqu'un. Même immettables, on les garde parce qu'ils font partie de notre vie. Et puis il y'a des pièces indémodables, votre robe pourrait en faire partie, l'avenir vous le dira. Bravo pour votre achat réussi, vous avez la chance d'avoir une Dalila !

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    1. Je suis sûre ce cette robe ira à Lutin n°2 quand elle sera grande ;-) Dalila est une merveille, elle vaut toutes les robes.

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  10. C'est vrai que certains vêtements nous rappellent beaucoup de souvenirs, on les garde alors que l'on sait que l'on ne les remettra pas.

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    1. Oui, j'ai un carton de vêtements "fétiches", trop connotés pour que je les jette ou les donne à Emmaüs.

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  11. Et moi je peux témoigner que cette robe était magnifique. Surtout, j'ai aimé l'assurance avec laquelle Stelda la portait, un jour de pluie, triste au départ mais bon, cette rencontre à tout changé !
    En matière de vêtements fêtiches, j'ai ceux qui me sont attachés de manière affective, comme ceux qui me viennent de mon père (son manteau, ses gants), de mon frère ainé, tous deux disparus hélas. Puis mes vêtements porte bonheur que je porte pour des rendez vous importants comme des entretiens, un pantalon noir en laine classique et ma veste en velours prune. Le reste de mes vêtements "doudous" ont disparus lors du "pillage" de la maison de mon père : un peu comme le viol de ses pensées intimes, un pan de vie qui disparait et puis...et bien on avance et on évolue !

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    1. Franchement, tu mérites bien une de mes plus jolies robes ;-). Et ce dîner était super (même si le resto n'était pas exceptionnel, shame on me), j'étais si heureuse de te voir!
      Les affaires portent beaucoup de charge affective ; même si on n'est pas très matérialiste, les souvenirs sont là aussi...

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